PRESAJE ET LES JEUNES
Chaque jour, les médias
nous rapportent les mille malentendus qui minent notre vie
professionnelle et privée, comme la société tout entière.
Spectaculaire
est le cas de la justice, considérée par les uns comme trop rigide, par
les autres comme trop laxiste. A tel point qu’on a pu parler, à propos
de la clémence accordée à certains délinquants issus de milieux
défavorisés, de « culture de l’excuse » (1).
Mais le prétoire
n’a pas le monopole des incompréhensions. La diversité des métiers, les
risques – réels ou supposés – liés aux technologies nouvelles, les
cohabitations ethniques font que la société est ressentie comme plus
lourde de menaces que de promesses.
Face à ces défis, la
formation des jeunes reste étonnamment routinière, et parfois
contre-productive. Sous prétexte d’exigences techniques, on accorde une
prime à la spécialisation, au détriment de la culture générale et de la
mise en perspective. Qu’il s’agisse des scientifiques, des juristes ou
des économistes, chacun tend à « cultiver son jardin », ou plutôt le
carré qu’il connaît le mieux. Ce qui est le contraire de l’humanisme.
L’excès de spécialisation
conduit à un étonnant paradoxe : alors que les moyens de communication
se développent de jour en jour, les citoyens ne se comprennent plus. Le
monde qui est le nôtre leur apparaît souvent indéchiffrable, ce qui
engendre un sentiment de peur : il s’agit non pas de peur panique mais
d’une crainte sourde – peur de ne pas comprendre, d’être trompé, voire
lésé – qui conduit au repli sur
soi.
Repli veut dire
absence de curiosité : on se garde d’ouvrir les fenêtres. Le
cardiologue a peu de rapports avec le pneumologue, le spécialiste de
droit commercial croise l’expert en droit social sur les marches du
Palais mais ne lui parle pas, l’économiste reste confiné dans ses
modèles.
A l’heure de la mondialisation, la tendance intellectuelle dominante est celle du « chacun-chez-soi ».
La tendance française
accorde généralement une prime à l’étude des institutions, qu’il
s’agisse de la région, de la nation ou de l’Europe. Ces préoccupations
sont légitimes, puisqu’elles conduisent au niveau politique, là où
fonctionne l’appareil des lois et des règlements.
Mais beaucoup
d’instituts et d’associations sont déjà sur ce « marché ». PRESAJE a
choisi, au contraire, de donner la préférence aux problèmes de
l’individu. En matière d’éducation, il a été beaucoup question de
remettre l’élève au centre du dispositif ; on peut faire la même
remarque pour tous les aspects sociétaux. L’homme au travail,
l’épargnant, le sportif, le malade, tels sont les « points de départ »
des travaux de PRESAJE. Avec, en outre, la conviction que la tendance
inévitable des Français à préconiser le recours à la loi à tout propos
n’est pas inéluctable. Le contrat, l’accord, le pacte, l’arbitrage
offrent mille manières de régler la vie en société (2).
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(1)Pascal Bruckner : « Misère de la prospérité » (2)Sur
la philosophie de PRESAJE, voir l’interview de notre Président Michel
Rouger dans les Echos du 21 février 2003 : « Réconcilier le droit, la
justice et l’économie », publiée sur notre site dans la
rubrique « fonds documentaire/articles et publications ».
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